Les vacances approchent et ce ne sera pas du luxe pour la gente gent féminine de cette maisonnée.
Je m'estime en vacances également, puisque j'ai achevé mon devoir scolaire ce mercredi midi, en entassant dans une caisse livres de géométrie, photocopies et évaluations, qui y vont reposer en désordre pendant au moins un ou deux jours comme ils le méritent, avant que je ne m'attaque à leur réglementaire classement.
Pas du luxe donc parce qu'à force d'errer dans les escaliers toutes les nuits, j'ai du mal à rester éveillée le jour.
Pas du luxe pour Piwouane qui semble en overdose :
- d'une amitié un peu exclusive : "Tu sais Maman, ben toi aussi t'aurais une copine, eh bien tu trouverais ça difficile parce qu'il faut toujours faire ce qu'elle veut sinon elle se vexe. Moi je préfère rester à la maison si c'est ça. "
- d'une sororité envahissante (mais là, je doute que les vacances y remédient), mais aussi de ses parents exigeants : " J'en ai marre de mes petites soeurs. Et j'aime pas du tout ce papa et cette maman. Je ne voudrais même pas être toute seule, je voudrais pas être une petite graine, je ne voudrais pas exister du tout, je ne voudrais pas que la vie se produise."
Fin de citation. Une cure de repos- pâte à modeler - câlins - gâteau au chocolat - cinéma, va-t-elle remettre tout cela d'aplomb?
Pas du luxe pour Pitoue non plus, qui voudrait bien être toute seule dans la vie aussi à boire des biberons sur les genoux de sa mère. Pas de chance que la mère concernée ne soit pas trop dans l'état d'esprit pouponnage intensif de proximité actuellement.
Enfin, reste à savoir si passer plus de temps ensemble, sans pressions, va diminuer les chamailleries, crêpages de chignons, tirages de cheveux, coupe capillaire en 4, cris, hurlements et sanglots longs. C'est rude, l'hiver loin des toboggans, des balançoires et des trottinettes.
Et puisque Piwouane s'interroge sur les limites de l'amitié, ou les bornes qu'on doit poser en amitié, moi je me demande (et cela revient un peu au même) si on peut être ami avec quelqu'un dont les opinions politiques sont différentes des notres. Si le choix politique est engagé sur une conception de l'homme, un dialogue est-il possible avec celui qui n'a pas la même analyse de la liberté, qui ne goûte pas la vie de la même manière que soi? Est-ce qu'alors on doit se contenter de laisser vivoter une amitié sur du semblant, du paraître, de l'inutile, du verbiage? Peut-être est-ce qu'en ce moment je me radicalise, je m'éloigne d'un principe de tolérance...
4.2.09
Amitié et divergences
29.1.09
Emotions pré-festivités
PS : Il y a du nouveau ici : http://2mainsgauches.blogspot.com/
28.1.09
Je crois que je vais vomir...
... tellement ça me débecte de lire ça :
http://www.humanite.fr/2009-01-26_Societe_evaluations-scolaires-tres-contestees
21.1.09
Comme de plaisantes lectrices, pourtant discrètes, me le font remarquer, le mois de janvier file sans que vienne balbutier ici quelques bafouilles.
J'ai oublié de consigner mes résolutions pour l'an nouveau. Je n'ai pas raconté l'anniversaire de 2 ans de ma demoiselle Pitère. Ni les dernières réflexions alambiquées de Piwouane, ou mes inquiétudes vis-à-vis de Pitoue. Ni mes errances nocturnes dans les escaliers...
Pour reprendre en douceur donc, mes résolutions ne changent guère de celles de l'année précédente, dont la relecture me file le fard aux joues : si peu ont été tenues ou même esquissées...
Donc pour moi-même :
- faire du sport : enfin, aller nager un peu...
- prendre du temps seule ou avec des amis
- écrire (quoi? quand? à qui?)
- me former à d'autres choses qu'à l'enseignement et donc choisir d'autres voies...
Pour mes enfants :
- moins crier!!! et lâcher prise sur certaines situations "à risque" (les repas, l'habillage...)
- prendre du temps avec chacune d'entre elles
- réfléchir à mon désir d'un quatrième enfant, entre raison et viscères???
Pour mon couple :
- parvenir à prendre une baby sitter et à nous accorder quelques sorties
- écouter et soutenir dans les difficultés professionnelles
Pour le reste (la planète, le boulot...) :
- recommencer à composter (ça c'est fait!)
- moins consommer de viande
- adhérer à un panier de légumes
- passer moins de temps à préparer la classe!
2.1.09
24.12.08
18h48 un 24 décembre...
... et je blogue!
Repliée dans un recoin de la maison, à peine dénoncée par le léger clapotis du clavier parmi les cris des enfants échevelés dont les petits pieds martèlent le sol.
Hier soir nous avons achevé à deux avec Calvin les derniers cadeaux; j'ai bataillé avec ma machine à coudre pour terminer une Elsie en laine bouillie (que ceux qui ne parlent pas ce langage aillent faire un tour sur mon blog de bidouillages), et un tablier de mémé dont je regrette le choix du tissu; Calvin un bonnet de lutin vissé sur le crâne, a inventé des paquets sans papier cadeau.
Et puis une nuit survoltée avec Pitoue malade (qui m'a fait doucement espérer un instant que nous passerions un Noël rennais à 5, ou comment une maman indigne se réjouit de la maladie de sa fille!), Pitère mécontente de dormir seule dans sa nouvelle chambre...
Un voyage plutôt tranquille, entre soleil et brouillard, j'ai somnolé, les enfants ont chanté, émietté des gâteaux, mangé des frites...
Et la promenade de l'après-midi, libératrice, sur la plage, les cousins et leurs bonnets se roulant dans le sable comme des chiots égarés.
Et puis je souffle, j'écoute, depuis ma cachette discrète, un peu sauvage, les tensions familiales qui ne sont pas de ma famille, se nouer.
Joyeux Noël! Vivement demain et les paillettes pétillantes dans les yeux en amande!
18.12.08
J'aime la galette, savez-vous comment?
Noël cette année me déplait, en plus il n'y a même pas de neige. J'ai donc décidé d'employer la méthode de l'ellipse, et au goûter aujourd'hui, nous avons dégusté une brioche des rois, industrielle, sucrée jusqu'à l'écoeurement et avec une affreuse fève en forme de masque vénitien dedans. Ainsi, non seulement j'ai brouillé les repères temporels des enfants, mais aussi la tradition de la jolie fève, quoiqu'un masque vénitien, ce ne soit finalement pas pire qu'une fèvre Dora ou Boule et Bill. Les fillettes étaient aux anges, elles se sont toutes les trois nichées sous la table et ont joué à celle qui criera le plus fort en réponse à l'intemporel "Pour qui cette part?".
Piwouane m'a étonnée car pour la première fois, elle a joué le jeu et accepté de bon coeur que la fève soit trouvée par sa petite soeur Pitoue, enchantée, qui pour la peine l'a choisie comme reine seconde, une couronne en papier pleine de sucre sur la tête. La petite dernière n'avait rien compris, et a préféré manger une banane, de toute façon toujours hors saison en Bretagne.
Enfin ce sont les vacances, et j'en ressens un énorme soulagement. J'ai grande hâte de nous retrouver tous les cinq. Je pense que c'est une nécessité vitale, cette pause dans la grande bousculade quotidienne.
A quand notre Noël en petit comité, sans obligations de réunions extensibles et pénibles? J'aimerais nous délester des contraintes vides de sens, des poids lourds, des festins écoeurants sans l'ivresse, et des surenchères cherchant à combler les vides affectifs et les silences coupables. J'aimerais un peu de sincérité et de sérénité. Vivement le Nouvel An.
4.12.08
ça sent le sapin
De Noël et de ma morosité anachronique
Le temps court par les temps qui courent et ce froid aux pattes palmées, et voilà que je délaisse ce blog, ne sachant comment y insuffler un peu d'enthousiasme. J'ai cette année moins d'attrait pour les paillettes de Noël, et seules les suppliques des fillettes me font grimper l'échelle du grenier : petit à petit ressurgissent les décorations un peu fripées et défraîchies des hivers précédents, et les calendriers de l'Avent plus ou moins laids. Le goût de fabriquer des petits cadeaux pour les uns et les autres est légèrement rance à mon palais domestique, je n'ai pas à mon habitude élaboré de rocambolesques projets irréalisables. Les trois enfants qui piaillent à la moindre lumière clignotante, au reflet rouge d'un tissu synthétique, et décomptent les jours parviendront-elles à me donner l'envie d'envisager la fin décembre comme une heureuse échéance?
De la compulsivité compensatoire
Toutefois s'il y a une occasion annuelle de me venger en jetant l'argent par des fenêtres plus ou moins virtuelles, je m'en saisis avidement en fermant les yeux et ma conscience. Sans grande euphorie, mais dans une fuite en avant masquée d'un plaisir éphémère.
Des jeux de mots qui détournent mes maux
Mademoiselle Pitère qui aura deux ans au mois de janvier, après les écoeurantes galettes (occasionnant de mémorables disputes autour de fèves et couronnes), parle beaucoup : son langage proche du baragouin ne parle pas à tous, mais si ses parents ne s'esbaudissent pas devant sa loquacité, qui le fera?
Nous marchions dans la rue lorsqu'à notre passage, un chien donna de la voix.
-Que c'est Maman?
- C'est un chien qui aboie ma chérie.
- Ah, Maman! Le chien a soif! "
(Aboie-à boire-a soif)
Isis, Osiris, oecuménisme et tutti quanti
J'ai l'esprit terni et la foi malmenée, mais Piwouane en quête de spiritualité ne cesse de me questionner.
1/ Au retour de l'école, la bouche maculée de barquette violacée et de but en blanc :
- Alors Maman, quand on est mort, c'est l'esprit qui va au Paradis, et le squelette reste dans la terre.
- Uh uh (moi aussi j'ai de la barquette plein les dents).
- Alors Dieu il a un petit sac pour ramasser les esprits de tous les gens qui sont morts et les emporter?
2/Après la visite d'une exposition sur l'Egypte au Musée des Beaux-Arts de Rennes :
- Osiris était coupé en morceaux et sa femme elle a ramassé tous les petits bouts avec le Dieu Chien, pour emballer tout ça dans des bandes pour faire une momie qui revit.
- Enfin les Egyptiens croyaient qu'en faisant des momies des corps morts, on pouvait un jour leur assurer une vie après la mort. (punaise, j'ai bien écouté la conférencière moi aussi, je n'ai pas fait qu'être pétrifiée devant la momie d'un bébé!!!)
- Oui mais Maman alors, ça veut dire que le Dieu Chien il avait un petit sac lui aussi!!!
3/ Quelques jours plus tard, Dieu, Anubis et le Père Noël ont fait connaissance dans le bouillonnement de la cervelle de Piwouane.
- Bon Maman en fait tout le monde croit toujours qu'on a besoin d'un sac.
-???
- Bah oui, Dieu pour les âmes, Anubis pour les morceaux du roi découpé, et le Père Noël pour les cadeaux!
13.11.08
6 faux-semblants de moi
C'est bien sur l'insistance de Lutecewoman que je m'adonne au tag qui consiste à dévoiler sur ma piètre vie six menus secrets ou six gros mensonges, enfin six faits réels qui ne me ressemblent guère...
1/ Je vogue dans le vague imprévu : pas de garde pour notre petite dernière, la nounou pourtant appréciée, s'étant malheureusement envolée vers des cieux monétaires plus glorieux, et bien que je n'en dorme pas la nuit, j'y survis.
2/ Il n'y a plus de tablette de chocolat dans mon placard à sucre (enfin, si, du pâtissier et des mini milky way dégotés par Calvin, mais je n'aime pas ça!) et pourtant je ne suis pas d'une humeur plus exécrable que d'habitude...
3/ Depuis le mois de septembre, je n'ai pas ouvert d'autre livre que ceux de pédagogie, manuels de classe, livres de littérature jeunesse; et je commence à peine à ressentir un manque.
4/ J'ai décidé que le vendredi matin, entre 9h30 et 11h30, seraient mes heures personnelles de la semaine, sans enfants, ni les miens, ni ceux des autres. Durant ces minutes creuses, j'ai déjà pris un thé brûlant à une terrasse de la place Saint-Anne, erré dans les rayons de H&M et acheté un pyjama Hello Kitty taille 18 mois (bip! vous avez perdu de vue votre objectif!), bouquiné dans le métro, téléphoné à une copine... Programme de demain : photocopies de mes préparations de classe (d'accord ça cadre moyen avec l'idée de détente, mais pas possible de caser ça à un autre moment, sans lutin qui appuie toutes les deux secondes sur le bouton off de la machine à reproduction....), et exploration de mon enfance sur un divan rennais...
5/ Je prends un plaisir fou à regarder les dinettes en feutrine, les dinettes en tissu, les dinettes en bois, les dinettes en porcelaine, les dinettes en alu... Et le soir venu, j'allume le feu sous une casserole de pâtes en forme d'étoiles sans l'ombre d'un scrupule.
6/ Je me surprends, éternelle pessimiste pourtant, à espérer qu'un mouvement pourrait empêcher la destruction à la massue de l'école publique?
Merci à l'auteur de cet article d'avoir mis en route la machine répressive, qui dévoile la nature (si quelqu'un l'ignorait encore?) du ministère actuel... L'auteur a été convoqué par l'inspecteur académique, qui lui a signalé qu'il ne respectait pas la neutralité que se doit de tenir un fonctionnaire envers sa hiérarchie, le vilain, et que s'il continuait comme ça, il serait privé de direction...
Merci aussi pour ce blog de résistance pédagogique.
8.11.08
Des souris, encore, et des matriochkas!
Bonus-track : une oeuvre éphémère sur ardoise de Pitoue, qu'elle aurait pu intituler "Ode à la famille". Qui parviendra à décrypter? Petit indice pour la sphère rennaise ou bloguesque, suivez le lien de Rififi.
3.11.08
SNCF, RATP, et autres joyeusetés
Pendant ces vacances automnales, nous avons passé quelques jours en région parisienne. Tandis que certains urbains s'échappent dès qu'ils le peuvent, loin de la pollution et du périphérique, nous, saturés d'air iodé et les cheveux raidis par les embruns, préférons (parfois! sinon on aime bien aussi aller à la plage...) nous engouffrer dans les spirales parisiennes histoire de voir si toujours heureux nous sommes de vivre en province.
Alors oui, je confirme, ravis nous sommes et point ne changerons si le destin nous en préserve.
Mais le truc, c'est qu'à Paris, nous avons des amis. Et aller depuis Rennes à l'improviste chez eux juste pour le goûter ou l'apéro, ben c'est pas toujours facile. D'où la plongée en apnée dans la vie banlieusarde, retour en arrière un brin nostalgique, mais surtout une piqûre de rappel bien nécessaire!
Vendredi dernier, Piwouane et moi-même avons pris le train de banlieue pour nous rendre depuis la campagne des Yvelines jusqu'à la Capitale, où nous voulions rendre visite à la marraine de la jeune fille et son petit bébé tout frais émoulu.
Je ne me souvenais pas de la saleté des trains de banlieues, saleté qui nous a sauté dessus dès la sonnerie de départ, puisque Piwouane peu prévoyante eut immédiatement là tout de suite une envie pressante qui ne pouvait pas attendre l'heure et quart de trajet. Je me drape dans ma quiétude, et traîne derrière moi Piwouane sautillante qui se tient le pantalon de façon élégante à la Mickaël Jackson. Les premières toilettes sont hors service. Nous traversons le premier wagon. PAs de toilettes à l'extrémité. Nous passons la porte entre les deux wagons. Elle se referme sur le manteau de Piwouane qui trépigne toujours. Deuxième wagon, les toilettes sont hors service. Troisième wagon... Heureusement à la tête du train, nous trouvons un charmant lieu d'aisances, parfumé et délicat. Rentrer dans les toilettes d'un train à deux, avec mon popotin, pas facile.
Après cette exploration des sanitaires de la SNCF, nous nous asseyons. J'ai sorti mes petites munitions : Pomme d'Api pour la demoiselle, chick lit pour moi. Mais Piwouane a préféré lire à voix haute les titres du magazine de la dame en face, un fleuron de la presse people trash. Et la voici qui me questionne avec grand intérêt : mais qui est donc ce jeune homme en maillot de bain? Et pourquoi il embrasse la dame? et qu'est-ce que ça veut dire... C'est là où je l'ai interrompue et où j'ai sorti le paquet de dragibus.
Nous arpentons les couloirs du métro. Quelle foule. Nous sommes loin de notre jolie et unique ligne de métro rennais. D'ailleurs Piwouane exprime sa déception de ne pas pouvoir se mettre à l'avant du métro pour admirer la vue souterraine puisqu'ici, il y a un conducteur. Par bonheur, nous nous jetons sur deux places assises. Piwouane s'essuie copieusement les chaussures sur le pantalon de costume du cadre sup assis en face de nous, et en train de jouer sur son téléphone portable, ce qui a le malheur de relancer mon sermon bien rôdé sur l'inutilité d'une Nintendo Ds à l'âge de 5 ans et des mirettes. Puis elle tente de déchiffrer les graffitis sur les vitres et les sièges. Voyant d'un oeil prude et rapide la teneur de ces petits mots d'amour, je m'empresse de lui montrer plutôt les affiches de cinéma sur les murs des stations. Notre trajet est assez long et malheureusement, ponctué d'incidents techniques indépendants de leur volonté. Nous nous interrogeons sur cette voix sortie des haut-parleurs : est-ce une voix de grand magasin comme dans le Soldat rose? Est-ce la voix de Dieu ou bien tout simplement du conducteur? Puis Piwouane cherche l'origine de cette panne. Sans doute des gens ont-ils jeté des cailloux sur les rails pour jouer au Petit Poucet.
Enfin je lui indique le plan du métro et elle s'amuse à compter les stations : du début de la ligne à la fin, de notre station de départ à celle d'arrivée, puis à rebours. Tout cela tandis que je suis priée de réciter l'alphabet à l'envers, et en chantant s'il vous plait. Notre voisin qui joue sur son portable se marre bien derrière sa cravate.
Nous émergeons à l'air libre et saturé de Paris, Piwouane s'amuse à courir après les pigeons tout gras.
Quelle inspiration n'ai-je pas eu de n'emmener ce matin-là qu'une seule de mes filles, et la plus grande, je n'ose imaginer le cataclysme avec les deux plus jeunes.
Ah oui, rien à voir, mais des choses à voir sur un autre blog, bricolo-cuisino-expérimental, ici :
21.10.08
Des souris et des fillettes
Après beaucoup d'attente, d'estimations et d'élucubrations, Piwouane a perdu sa première dent de lait hier. Oui, sa dent toute imprégnée encore de lait maternel tétée à la source hier encore me semble-t-il, qui bringuebalait depuis quelques semaines, porteuse de promesses mirifiques... Au retour de l'école, sa quenotte minuscule bien roulée dans un étui de papier bardé de scotch et fièrement recouvert de l'inscription "dent de Piwouane", la petite fille sautillait de joie. Etape initiatique s'il en est dans sa courte vie!
Son sourire apprêté pour Halloween, elle s'est empressée de glisser la précieuse perle dans une petite boîte sous son oreiller.
Pitoue sa petite soeur était très apeurée à l'idée qu'un rongeur, même sympathique et pétri de bonnes intentions, puisse divaguer dans la maison. Beaucoup de larmes que seule la promesse de fermer sa porte au cours de la nuit, pour éviter que la souris ne se trompe, put tarir. Il fallut aussi assurer que la souris, lettrée, saurait bien lire le prénom de Piwouane inscrit à l'entrée de sa chambre.
Quel plaisir pour Piwouane au réveil de découvrir une boîte vide, et un joli coffre à secrets fermant à clé déposé par une souris dont les forces furent jugées décuplées ( pour qu'elle eut accompli l'exploit de porter un objet aussi grand avec de si petites pattes)!
Et quel chatouillis à la commissure de mes lèvres en écoutant ma fille de 5 ans et demi m'expliquer le mode d'emploi de ce coffre à secrets :
" Eh bien je vais ouvrir le coffre à secrets, et je vais chuchoter au dessus mes secrets que je ne veux dire à personne, je vais refermer à clé et comme ça peut-être qu'ils se réaliseront."
3.10.08
Oedipe m'a tuer
Pitoue à sa non-sportive de mère : " Papa il a des muscles, et toi, fais voir les tiens! Ah bah non ils sont tout mous. "
Piwouane :
ou mon père est un dieu vivant : -"Papa, je pourrais faire un dessin de toi tout nu sous la douche? Comme ça je le mettrais dans ma chambre et je le regarderais la nuit."
ou ma mère fait bien les gâteaux au chocolat mais quand même je pourrais bien me passer d'elle : - "Tu sais Maman quand tu seras morte eh ben j'aurai une photo et des fois je penserai à toi!"
Heureusement pour ma consolation dans mes vieux jours, j'ai encore Pitère, 21 mois : "Ze t'aime Maman, Ze t'aime Mon Papa, bisou!"
30.9.08
Allô? C'est Dieu à l'appareil!
Parfois ma grande Piwouane me fait un peu peur.
Par ses accès de schizophrénie :
- Mon cerveau ne m'obéit pas Maman, il ne fait pas les rêves que je lui ai demandés. T'es bête mon cerveau ou quoi?
Par ses accès de mysticisme :
- Dieu m'a parlé hier tu sais... Il m'a parlé dans mon coeur et il m'a dit que les dragons n'existaient pas pour de vrai.
- Dieu il m'a encore parlé et il m'a dit que c'était pas facile d'avoir des petites soeurs mais que peut-être un jour j'aurai un petit frère.
Ah ah ah Dieu, quel gros blagueur.
29.9.08
Histoires de lits...
Attention, allergiques au cododo passez votre chemin, je ne suis pas d'humeur à être taquinée!
Je me pose une question un peu idiote à propos du lit de demoiselle Pitère, qui va sur ses 21 mois. La jeune fille escalade joyeusement son lit à barreaux (ou le lit parapluie quand nous sommes en vadrouille), tombe d'une galipette sur notre lit qui lui est accolé, puis fait ce que bon lui semble (soit venir secouer la barrière en haut de l'escalier et nous appeler ;)). J'ai un peu peur qu'elle se rompe le cou. Cela veut sans doute dire qu'il est temps pour elle d'avoir un grand lit?
Mais alors cela voudrait sans doute dire aussi qu'il est temps de la mettre dans une chambre seule, et ça MOI je n'y suis pas encore prête je crois...
Parce que je sens confusément qu'un grand lit collé au nôtre, ça ne va pas trop plaire au papa, à qui la symbolique des barreaux tient à coeur (quoiqu'elle passe une bonne moitié de la nuit dans notre lit, mais on n'en est pas à une contradiction près).
Allons-nous scier les barreaux du lit donné par ma belle-soeur? L'idée légèrement défoulatoire ne m'est pas désagréable.
Ou attendrons-nous l'arrivée d'IKEA dans la région rennaise pour faire d'une pierre deux coups : lit évolutif + boulettes de renne aux airelles?
Bref, je suis un peu perdue dans mes élucubrations, et je ne voudrais pas que le temps de leur mûrissement, ma petite-grande se blesse dans une cascade nocturne.
Dire que c'est la troisième et que je me pose encore ce type de question, faut croire que le processus d'apprentissage est bien spiralaire.
15.9.08
Où je jette mes neurones sur mon frigo
6.9.08
Pas de doute!
Malheureux taureau qui s'est cru plus fort qu'un panda! Un cri bestial, un jeu de jambes phénoménal, et voilà le début de l'hécatombe. Epargnons ous la suite de la scène, fort sanglante.
Note des services vétérinaires : une autre anomalie inquiétant les scientifiques s'est glissée dans la première photo. Laquelle???
31.8.08
Petites lectures du coeur au ventre
Une heure à la bibliothèque du bout de la rue puis le panier de la poussette alourdi de lectures savoureuses.
Une journée loin de Maman (Album)
de Armelle Modéré (Auteur), Didier Dufresne (Auteur)
Un album qui sonne juste pour nous en cette rentrée agitée, où nous retrouvons avec plaisir le personnage attachant d'Apolline. La série éponyme "Les petites vies d'Apolline" nous accompagne depuis longtemps, bien adaptée aux petits à partir de 2 ans environ. Dans cette nouvelle série "Les grandes journées d'Apolline", l'héroïne semble avoir grandi, le format également, le texte s'est allongé. Mais tendresse et simplicité nous charment toujours.
La première fois que je suis née (Album)
de Vincent Cuvellier (Auteur), Charles Dutertre (Auteur)
Un très bel album qui joue sur une belle partition d'émotions, à partager avec sa fille... ou ses filles! Des instantanés poétiques, touchants ou drôles, issus de la vie d'une petite fille de sa naissance au jour où elle devient elle-même maman.
Je veux retourner dans le ventre de maman ! (Album)
de Thierry Robberecht (Auteur), Philippe Goossens (Auteur)
Ou comment répondre au fantasme des enfants qui souhaitent reprendre leur place originelle dans le giron maternel! Plein d'humour mais aussi de respect pour les sentiments des petits!
Sinon en ce moment je lis des trucs pas très bien écrits et encore moins humoristiques dont les titres fantaisistes ressemblent à "Histoire-Géographie CE2" ou " A nous les maths! CM2"... Pas assez romanesque à mon goût!
26.8.08
Préparatifs de rentrée
Fin août, temps monotone de presque automne, je suis contente de retrouver ma maison et mes affaires, mon nid, après des vacances en demi-teinte, un peu épuisantes.
Mais le ventre noué jusqu'à l'angoisse aussi, car le temps de la rentrée approche. C'est la vraie rentrée, pour tout le monde; et même pour moi qui depuis 3 ans y échappais avec un peu de joie et de soulagement.
Je n'ai pas encore déniché de cartable mais déjà ai déjà amassé quelques fournitures indispensables en quatre exemplaires, au gré des lots de tête de gondole.
Des préparatifs matériels qui donnent le lustre d'une rentrée bien organisée à ce qui pour le moment n'est qu'un réel capharnaüm.
Un poste à mi-temps de prof des écoles bouche-trous qui s'avère plutôt pas trop mal, avec une journée en CE1/CE2 et une autre journée en CM2. Tout proche de chez nous.
Saurai-je encore faire classe devant 29 élèves, faire des préparations, saurai-je mener de front vie de famille nombreuse et vie scolaire?
J'ai déjà oublié quelles étaient mes motivations pour reprendre.
J'ai déjà oublié quelles étaient mes motivations pour ce métier.
Je tente de profiter de la sieste des enfants pour griffonner quelques esquisses d'emploi du temps, de liste de compétences à acquérir...
Mais les fillettes ne dorment que très peu, grimpant sur mon dos, tirant ma jambe, remplissant mon oreille sourde de babillages incongrus.
Je subis dignement et en silence l'épreuve du jeu du coiffeur et me retrouve hirsute, la tête recouverte de pinces à linge, un peigne et une brosse suspendus dans de multiples noeuds et quelques cheveux en moins.
Pitoue se saisit de mon bras gauche pour y imprimer des tampons en guise de tatouage en me demandant : "Où vous habitez madame? Et vous aimez les petites chèvres?"
Les nouveaux programmes 2008 défilent sous mes yeux sans prendre sens.
La préparation de classe se réduit à la portion congrue, la majorité de mon cerveau semblant omnubilée par mille détails qui composent mon stress personnel...
Les vêtements de PIwouane sont trop petits.
Pitoue a pris une pointure pendant les vacances et a les pieds recroquevillés dans ses fausses pataugas.
Elles ont tous les trois les cheveux au milieu de la figure.
Nous n'avons pas de nounou pour la rentrée pour garder Pitère.
Pitère qui ne s'endort toujours pas seule, malgré des tentatives déchirantes. La future et virtuelle nounou pourra-t-elle l'endormir?
Elle saute hors de sa chaise haute, mange avec les doigts, allume la bouilloire, squatte notre lit impunément...
Heureusement nous avons un nouveau congèle!



