Un samedi du mois de mai, nous sanglons notre troupe dans le monospace, ultime ruse de parents épuisés qui espèrent secrètement une sieste motorisée de leurs rejetons, pour une balade semi-pluvieuse dans la jolie ville de Dinan. Les filles renâclent et rouspètent, traînant leurs sandalettes sur les pavés glissants avec mauvaise volonté.
Je me dis alors qu’un peu de spiritualité nous mettrait du baume au cœur ou un coup de pied aux fesses et pousse ma marmaille sous le porche d’une église. Piwouane renoue avec sa ferveur religieuse caractéristique et étudie dans l’ordre, l’emplacement du baptistère, les vitraux, et la nef. Je jubile : ne sommes-nous pas des parents parfaits, qui initions nos enfants au patrimoine culturel et religieux, au lieu d’aller gober des boulettes de renne à la cafèt d’Ikéa ? Pitoue apprécie les qualités de résonance de l’édifice. Son père a tout le mal du monde à la persuader de chuchoter et de réserver ses expériences d’écho à une autre falaise. Pitère gambade et fait claquer ses talons sur le sol.
Subitement illuminée, j’aperçois les cierges. Les enfants sont ravies d’allumer leurs lumignons aux flammes vacillantes. Dans une tentative d’éveil à la foi, j’éclaircis l’idée de prière et suggère aux filles de recommander à Dieu de prendre soin de leur arrière-grand-mère qui nous a quittés il y a peu. Ce qui aurait été judicieux si je ne m’étais pas trompée de prénom : pardon Grand-Mamie J, tu es encore parmi nous et j’espère pour longtemps ! Dieu fasse que cette erreur ne soit pas prémonitoire ! Notre recueillement est légèrement dissipé par les frasques de Pitre qui frôle avec insouciance les bougies et manque de les renverser.
Nous sortons dans le calme et la hâte. A l’extérieur, une étrange odeur semble embaumer la ville. Un peu âcre. De la fumée ? C’est Calvin qui remarque , fin limier, qu’une mèche de Pitère est calcinée et que ses cheveux sont pleins de cendre…
Suite à cette offrande capillaire, Piwouane s’est à nouveau embarquée dans de grandes interrogations théologiques. Je ne peux pas m’empêcher d’être un peu inquiète lorsque mon aînée m’assure que parfois dans son cerveau cohabitent Dieu (qui doit déjà prendre pas mal de place) et le Dieu du mal (franchement terrifiant).
Réincarnation de Jeanne d’Arc, Mystica est de retour, et elle ne nous laisse pas beaucoup de répit, sauf devant les Zouzous. Elle doit qui plus est composer avec sa petite sœur Pitoue, qui pencherait plutôt du côté de Zarathoustra…
Pitoue, 4 ans, en se brossant les dents et postillonnant du dentifrice sur mon tee-shirt noir :
- Dieu est mort.
- Non, il est vivant mais pas comme nous.
- Mais si il est mort, parce qu’on ne le voit pas. ( Saint Thomas)
- …
- Ou alors il habite dans l’église ?
- Oui on peut dire ça. (C’est quand même de l’abus, à 8 heures, avant le thé du matin.)
- Ah mais oui, j’ai tout compris ! C’est lui qui parle dans le micro !!!
12.6.09
Ainsi parlait Zarathoustra
6.2.09
affectation
Piwouane semble très affectée par l'idée que très probablement, je change d'école l'an prochain, pour une destination inconnue :
- " Mais c'est à cause de la grève Maman, parce que vous n'avez pas pu vous arranger avec Nicolas Sarkozy? Parce que tu sais il faut essayer de s'arranger. "
- " Je sais que c'est l'inspecteur qui décide. Mais ce n'est pas l'inspecteur Gadget. "
- " Mais c'est qui le chef de tout, vraiment tout le monde?"
4.2.09
Amitié et divergences
Les vacances approchent et ce ne sera pas du luxe pour la gente gent féminine de cette maisonnée.
Je m'estime en vacances également, puisque j'ai achevé mon devoir scolaire ce mercredi midi, en entassant dans une caisse livres de géométrie, photocopies et évaluations, qui y vont reposer en désordre pendant au moins un ou deux jours comme ils le méritent, avant que je ne m'attaque à leur réglementaire classement.
Pas du luxe donc parce qu'à force d'errer dans les escaliers toutes les nuits, j'ai du mal à rester éveillée le jour.
Pas du luxe pour Piwouane qui semble en overdose :
- d'une amitié un peu exclusive : "Tu sais Maman, ben toi aussi t'aurais une copine, eh bien tu trouverais ça difficile parce qu'il faut toujours faire ce qu'elle veut sinon elle se vexe. Moi je préfère rester à la maison si c'est ça. "
- d'une sororité envahissante (mais là, je doute que les vacances y remédient), mais aussi de ses parents exigeants : " J'en ai marre de mes petites soeurs. Et j'aime pas du tout ce papa et cette maman. Je ne voudrais même pas être toute seule, je voudrais pas être une petite graine, je ne voudrais pas exister du tout, je ne voudrais pas que la vie se produise."
Fin de citation. Une cure de repos- pâte à modeler - câlins - gâteau au chocolat - cinéma, va-t-elle remettre tout cela d'aplomb?
Pas du luxe pour Pitoue non plus, qui voudrait bien être toute seule dans la vie aussi à boire des biberons sur les genoux de sa mère. Pas de chance que la mère concernée ne soit pas trop dans l'état d'esprit pouponnage intensif de proximité actuellement.
Enfin, reste à savoir si passer plus de temps ensemble, sans pressions, va diminuer les chamailleries, crêpages de chignons, tirages de cheveux, coupe capillaire en 4, cris, hurlements et sanglots longs. C'est rude, l'hiver loin des toboggans, des balançoires et des trottinettes.
Et puisque Piwouane s'interroge sur les limites de l'amitié, ou les bornes qu'on doit poser en amitié, moi je me demande (et cela revient un peu au même) si on peut être ami avec quelqu'un dont les opinions politiques sont différentes des notres. Si le choix politique est engagé sur une conception de l'homme, un dialogue est-il possible avec celui qui n'a pas la même analyse de la liberté, qui ne goûte pas la vie de la même manière que soi? Est-ce qu'alors on doit se contenter de laisser vivoter une amitié sur du semblant, du paraître, de l'inutile, du verbiage? Peut-être est-ce qu'en ce moment je me radicalise, je m'éloigne d'un principe de tolérance...
4.12.08
ça sent le sapin
De Noël et de ma morosité anachronique
Le temps court par les temps qui courent et ce froid aux pattes palmées, et voilà que je délaisse ce blog, ne sachant comment y insuffler un peu d'enthousiasme. J'ai cette année moins d'attrait pour les paillettes de Noël, et seules les suppliques des fillettes me font grimper l'échelle du grenier : petit à petit ressurgissent les décorations un peu fripées et défraîchies des hivers précédents, et les calendriers de l'Avent plus ou moins laids. Le goût de fabriquer des petits cadeaux pour les uns et les autres est légèrement rance à mon palais domestique, je n'ai pas à mon habitude élaboré de rocambolesques projets irréalisables. Les trois enfants qui piaillent à la moindre lumière clignotante, au reflet rouge d'un tissu synthétique, et décomptent les jours parviendront-elles à me donner l'envie d'envisager la fin décembre comme une heureuse échéance?
De la compulsivité compensatoire
Toutefois s'il y a une occasion annuelle de me venger en jetant l'argent par des fenêtres plus ou moins virtuelles, je m'en saisis avidement en fermant les yeux et ma conscience. Sans grande euphorie, mais dans une fuite en avant masquée d'un plaisir éphémère.
Des jeux de mots qui détournent mes maux
Mademoiselle Pitère qui aura deux ans au mois de janvier, après les écoeurantes galettes (occasionnant de mémorables disputes autour de fèves et couronnes), parle beaucoup : son langage proche du baragouin ne parle pas à tous, mais si ses parents ne s'esbaudissent pas devant sa loquacité, qui le fera?
Nous marchions dans la rue lorsqu'à notre passage, un chien donna de la voix.
-Que c'est Maman?
- C'est un chien qui aboie ma chérie.
- Ah, Maman! Le chien a soif! "
(Aboie-à boire-a soif)
Isis, Osiris, oecuménisme et tutti quanti
J'ai l'esprit terni et la foi malmenée, mais Piwouane en quête de spiritualité ne cesse de me questionner.
1/ Au retour de l'école, la bouche maculée de barquette violacée et de but en blanc :
- Alors Maman, quand on est mort, c'est l'esprit qui va au Paradis, et le squelette reste dans la terre.
- Uh uh (moi aussi j'ai de la barquette plein les dents).
- Alors Dieu il a un petit sac pour ramasser les esprits de tous les gens qui sont morts et les emporter?
2/Après la visite d'une exposition sur l'Egypte au Musée des Beaux-Arts de Rennes :
- Osiris était coupé en morceaux et sa femme elle a ramassé tous les petits bouts avec le Dieu Chien, pour emballer tout ça dans des bandes pour faire une momie qui revit.
- Enfin les Egyptiens croyaient qu'en faisant des momies des corps morts, on pouvait un jour leur assurer une vie après la mort. (punaise, j'ai bien écouté la conférencière moi aussi, je n'ai pas fait qu'être pétrifiée devant la momie d'un bébé!!!)
- Oui mais Maman alors, ça veut dire que le Dieu Chien il avait un petit sac lui aussi!!!
3/ Quelques jours plus tard, Dieu, Anubis et le Père Noël ont fait connaissance dans le bouillonnement de la cervelle de Piwouane.
- Bon Maman en fait tout le monde croit toujours qu'on a besoin d'un sac.
-???
- Bah oui, Dieu pour les âmes, Anubis pour les morceaux du roi découpé, et le Père Noël pour les cadeaux!
8.11.08
Des souris, encore, et des matriochkas!
Bonus-track : une oeuvre éphémère sur ardoise de Pitoue, qu'elle aurait pu intituler "Ode à la famille". Qui parviendra à décrypter? Petit indice pour la sphère rennaise ou bloguesque, suivez le lien de Rififi.
3.11.08
SNCF, RATP, et autres joyeusetés
Pendant ces vacances automnales, nous avons passé quelques jours en région parisienne. Tandis que certains urbains s'échappent dès qu'ils le peuvent, loin de la pollution et du périphérique, nous, saturés d'air iodé et les cheveux raidis par les embruns, préférons (parfois! sinon on aime bien aussi aller à la plage...) nous engouffrer dans les spirales parisiennes histoire de voir si toujours heureux nous sommes de vivre en province.
Alors oui, je confirme, ravis nous sommes et point ne changerons si le destin nous en préserve.
Mais le truc, c'est qu'à Paris, nous avons des amis. Et aller depuis Rennes à l'improviste chez eux juste pour le goûter ou l'apéro, ben c'est pas toujours facile. D'où la plongée en apnée dans la vie banlieusarde, retour en arrière un brin nostalgique, mais surtout une piqûre de rappel bien nécessaire!
Vendredi dernier, Piwouane et moi-même avons pris le train de banlieue pour nous rendre depuis la campagne des Yvelines jusqu'à la Capitale, où nous voulions rendre visite à la marraine de la jeune fille et son petit bébé tout frais émoulu.
Je ne me souvenais pas de la saleté des trains de banlieues, saleté qui nous a sauté dessus dès la sonnerie de départ, puisque Piwouane peu prévoyante eut immédiatement là tout de suite une envie pressante qui ne pouvait pas attendre l'heure et quart de trajet. Je me drape dans ma quiétude, et traîne derrière moi Piwouane sautillante qui se tient le pantalon de façon élégante à la Mickaël Jackson. Les premières toilettes sont hors service. Nous traversons le premier wagon. PAs de toilettes à l'extrémité. Nous passons la porte entre les deux wagons. Elle se referme sur le manteau de Piwouane qui trépigne toujours. Deuxième wagon, les toilettes sont hors service. Troisième wagon... Heureusement à la tête du train, nous trouvons un charmant lieu d'aisances, parfumé et délicat. Rentrer dans les toilettes d'un train à deux, avec mon popotin, pas facile.
Après cette exploration des sanitaires de la SNCF, nous nous asseyons. J'ai sorti mes petites munitions : Pomme d'Api pour la demoiselle, chick lit pour moi. Mais Piwouane a préféré lire à voix haute les titres du magazine de la dame en face, un fleuron de la presse people trash. Et la voici qui me questionne avec grand intérêt : mais qui est donc ce jeune homme en maillot de bain? Et pourquoi il embrasse la dame? et qu'est-ce que ça veut dire... C'est là où je l'ai interrompue et où j'ai sorti le paquet de dragibus.
Nous arpentons les couloirs du métro. Quelle foule. Nous sommes loin de notre jolie et unique ligne de métro rennais. D'ailleurs Piwouane exprime sa déception de ne pas pouvoir se mettre à l'avant du métro pour admirer la vue souterraine puisqu'ici, il y a un conducteur. Par bonheur, nous nous jetons sur deux places assises. Piwouane s'essuie copieusement les chaussures sur le pantalon de costume du cadre sup assis en face de nous, et en train de jouer sur son téléphone portable, ce qui a le malheur de relancer mon sermon bien rôdé sur l'inutilité d'une Nintendo Ds à l'âge de 5 ans et des mirettes. Puis elle tente de déchiffrer les graffitis sur les vitres et les sièges. Voyant d'un oeil prude et rapide la teneur de ces petits mots d'amour, je m'empresse de lui montrer plutôt les affiches de cinéma sur les murs des stations. Notre trajet est assez long et malheureusement, ponctué d'incidents techniques indépendants de leur volonté. Nous nous interrogeons sur cette voix sortie des haut-parleurs : est-ce une voix de grand magasin comme dans le Soldat rose? Est-ce la voix de Dieu ou bien tout simplement du conducteur? Puis Piwouane cherche l'origine de cette panne. Sans doute des gens ont-ils jeté des cailloux sur les rails pour jouer au Petit Poucet.
Enfin je lui indique le plan du métro et elle s'amuse à compter les stations : du début de la ligne à la fin, de notre station de départ à celle d'arrivée, puis à rebours. Tout cela tandis que je suis priée de réciter l'alphabet à l'envers, et en chantant s'il vous plait. Notre voisin qui joue sur son portable se marre bien derrière sa cravate.
Nous émergeons à l'air libre et saturé de Paris, Piwouane s'amuse à courir après les pigeons tout gras.
Quelle inspiration n'ai-je pas eu de n'emmener ce matin-là qu'une seule de mes filles, et la plus grande, je n'ose imaginer le cataclysme avec les deux plus jeunes.
Ah oui, rien à voir, mais des choses à voir sur un autre blog, bricolo-cuisino-expérimental, ici :
21.10.08
Des souris et des fillettes
Après beaucoup d'attente, d'estimations et d'élucubrations, Piwouane a perdu sa première dent de lait hier. Oui, sa dent toute imprégnée encore de lait maternel tétée à la source hier encore me semble-t-il, qui bringuebalait depuis quelques semaines, porteuse de promesses mirifiques... Au retour de l'école, sa quenotte minuscule bien roulée dans un étui de papier bardé de scotch et fièrement recouvert de l'inscription "dent de Piwouane", la petite fille sautillait de joie. Etape initiatique s'il en est dans sa courte vie!
Son sourire apprêté pour Halloween, elle s'est empressée de glisser la précieuse perle dans une petite boîte sous son oreiller.
Pitoue sa petite soeur était très apeurée à l'idée qu'un rongeur, même sympathique et pétri de bonnes intentions, puisse divaguer dans la maison. Beaucoup de larmes que seule la promesse de fermer sa porte au cours de la nuit, pour éviter que la souris ne se trompe, put tarir. Il fallut aussi assurer que la souris, lettrée, saurait bien lire le prénom de Piwouane inscrit à l'entrée de sa chambre.
Quel plaisir pour Piwouane au réveil de découvrir une boîte vide, et un joli coffre à secrets fermant à clé déposé par une souris dont les forces furent jugées décuplées ( pour qu'elle eut accompli l'exploit de porter un objet aussi grand avec de si petites pattes)!
Et quel chatouillis à la commissure de mes lèvres en écoutant ma fille de 5 ans et demi m'expliquer le mode d'emploi de ce coffre à secrets :
" Eh bien je vais ouvrir le coffre à secrets, et je vais chuchoter au dessus mes secrets que je ne veux dire à personne, je vais refermer à clé et comme ça peut-être qu'ils se réaliseront."
3.10.08
Oedipe m'a tuer
Pitoue à sa non-sportive de mère : " Papa il a des muscles, et toi, fais voir les tiens! Ah bah non ils sont tout mous. "
Piwouane :
ou mon père est un dieu vivant : -"Papa, je pourrais faire un dessin de toi tout nu sous la douche? Comme ça je le mettrais dans ma chambre et je le regarderais la nuit."
ou ma mère fait bien les gâteaux au chocolat mais quand même je pourrais bien me passer d'elle : - "Tu sais Maman quand tu seras morte eh ben j'aurai une photo et des fois je penserai à toi!"
Heureusement pour ma consolation dans mes vieux jours, j'ai encore Pitère, 21 mois : "Ze t'aime Maman, Ze t'aime Mon Papa, bisou!"
30.9.08
Allô? C'est Dieu à l'appareil!
Parfois ma grande Piwouane me fait un peu peur.
Par ses accès de schizophrénie :
- Mon cerveau ne m'obéit pas Maman, il ne fait pas les rêves que je lui ai demandés. T'es bête mon cerveau ou quoi?
Par ses accès de mysticisme :
- Dieu m'a parlé hier tu sais... Il m'a parlé dans mon coeur et il m'a dit que les dragons n'existaient pas pour de vrai.
- Dieu il m'a encore parlé et il m'a dit que c'était pas facile d'avoir des petites soeurs mais que peut-être un jour j'aurai un petit frère.
Ah ah ah Dieu, quel gros blagueur.
24.7.08
Hippocampes à pattes ensablées
17.7.08
Fatras du jour
Je renverse mon sac de plage sur le clavier...

Et puis :
Pitoue, inspirée par la grâce : "Moi parfois, je crois en Dieu!"
Moi, sceptique : "Ah?"
Pitoue, débutante en théologie : "Oui, je crois en Dieu quand je me lave les dents."
Piwouane, somnolante : " Ce qui serait bien, ce serait que la vie, elle soit comme dans mes rêves."
Moi, baillant : " Et qu'est-ce qui serait bien, comme dans tes rêves, alors?"
Piwouane, songeuse : " Ben j'aurais un téléphone portable, pour parler avec Peter Pan quand il vole!"
14.7.08
Apprentie grenouille
Donc, mademoiselle Piwouane aux grandes jambes bronzées, a atteint l'âge canonique de cinq ans. Et dans la famille, quand on a 5 ans, la tradition veut qu'on apprenne à nager dans la piscine des Grenouilles bleues, située sur la plage, et dont la limpidité de l'eau est plus certaine que celle de la mer, à la couleur plus marronasse que turquoise.
La voici donc astreinte à ses premières leçons de natation, deux par jour s'il-vous-plait. Pour l'occasion, j'ai dégainé le shorty en néoprène, qui non seulement fait ressembler à Papa-quand-il-fait-de-la-planche, mais surtout évite à la nageuse épaisse comme une brindille de grelotter de froid.
Elle m'a avoué que malgré cette tenue de compèt, elle serrait les dents bien fort pour éviter qu'elles ne claquent.
"Plie, écarte, et serre bien fort!"
"Menton, et loin devant!"
Entraînement dans l'eau donc, et aussi démonstration entre soeurettes sur le sable, pour les deux puînées qui piqueraient bien une tête dans la piscine elles aussi.
Je suis contente car elle est déterminée, volontaire, mais elle ne semble pas trop se mettre la pression comme elle le fait souvent. Je guette les signes de fatigue tout de même et lui offre un goûter gargantuesque à la sortie de l'eau.
D'ailleurs c'est un de mes sujets de préoccupation du moment... Savoir si les demandes qu'elle profère (nager, lire, jouer du violon etc...) correspondent à ses propres désirs, ou bien si nous les avons induits tacitement. Est-ce que nous l'avons sur-stimulée? Est-ce qu'elle a appris à lire parce que nous l'y avons poussée? Est-ce que c'est "mal" de notre part de lui avoir offert lectures, jeux éducatifs etc? Est-ce que c'est lui voler une part d'enfance? Est-ce qu'on est en train de fabriquer chez elle une propension au malheur (au sens où elle se sentirait mal en cas d'échec ou alors parce qu'elle s'ennuirait à l'école)?
Et puis pour les soeurettes qui marchent dans ses traces, est-ce que nous nous fourvoyons aussi?
12.7.08
Toy story
Un grand nombre d'entre eux étaient initialement à Piwouane, qui a eu la chance d'être l'aînée et par là a bénéficié de la fièvre consommatrice de la famille, puis qui a eu la malchance (d'un certain point de vue matérialiste) de devoir partager voire céder ces jouets à une puis deux petites soeurs. De manière un peu compensatoire, c'est tout de même souvent Piwouane qui a la primeur des jouets les plus techniques, aux pièces les plus petites, enfin ceux qui confèrent une certaine suprématie dans la hiérarchie des jouets.
Il y a certes des jeux de société, coopératifs ou non, qui ont beaucoup de succès chez nous, mais qui nécessitent encore souvent l'intervention d'un parent.
J'ai tenté de recenser les jouets favoris de chaque membre de la famille.
Piwouane au final joue très peu avec ses jouets... Elle aime lire, faire des dessins, construire des cabanes. Elle aime aussi beaucoup son doudou et sa trousse de docteur. D'ailleurs la nouvelle vocation de la demoiselle serait selon ses dires de devenir chirurgien, elle semble développer une étrange fascination pour les opérations, et je ne parle pas de mathématiques. Elle nous questionne tout au long de la journée sur les opérations des yeux au laser et la façon dont on découpe une boîte crânienne. Je ne sais pas vous, mais moi je trouve ça un brin menaçant. Au cas où elle aurait des envies de s'exercer à la dissection sur ses soeurs? Est-ce que mon addiction aux séries hospitalières aurait eu des retombées sur son développement psychique? Peut-être que le prochain jouet adapté serait l'hôpital playmo (qui la branche à mort) ou le Dr Maboul ( super intéressée aussi), voire le kit expérimental d'anatomie d'une fausse grenouille admiré chez sa cousine?
Pitoue, avec ses trois ans, adore les playmobils, les Little People, les animaux de la ferme, sa poupée, la dinette. Elle aime nous préparer à manger, pour de faux ou pour de vrai, et inventer des histoires avec ses personnages. En pleine phase d'imitation. J'adore écouter les dialogues qu'elle élabore. En revanche gare à qui l'interrompt! Une future scénariste? Ou alors cuistot?
Pitère , 18 mois sous peu, aime : déboucher avec les dents des bouteilles de shampooing, patouiller dans une bassine d'eau sur le carrelage de la cuisine, jouer avec les boîtes plastiques, les ballons et balles qui roulent, les poussettes, vider les placards... Ses yeux brillent de convoitise pour n'importe quel objet tenu en main par une de ses soeurs.
Nous ,les adultes, ne nous contentons pas de jouer à la poupée en habillant, lavant, coiffant et nourrissant nos trois fillettes.
Calvin a toujours un nouveau joujou en vue ou dans son garage. Tout d'abord il aime les motos. Je ne vous dirai pas combien il en a eu, mais il en a eu. Et puis il aime les voitures. Son goût pour les cabriolets a été un peu contrarié par l'expansion de notre famille, alors du joli coupé, nous sommes passés au monospace. Il y a aussi la planche à voile. Et dernier jouet en date, encombrement maximum, et d'une symbolique pas moins phallique, le bateau. On en avait un petit mais non il était trop petit alors maintenant il y a un monstre dans notre jardin.
Vous croyez que c'est parce qu'il n'a pas eu de garage pour jouer quand il était petit??? Ou au contraire parce que sa mère lui offrait des petites voitures à volonté?
Moi-même qui aimait beaucoup jouer aux poupées et même à la Barbie quand j'étais petite, j'ai en dehors de la lecture et de quelques bidouillages manuels, plutôt des jouets a priori et je dis bien très a priori, masculins. Camescope, apn, ordi portable? Avant d'avoir des enfants, je jouais souvent à quelques modestes jeux vidéos : les Sims, Caesar, Civilisation etc... Très très chronophage! L'avantage de mes joujoux, c'est qu'ils sont tout de même plus discrets et plus légers que des engins à moteur, à coque, carrosserie ou carénage.
Et qu'on peut les emmener partout!
24.6.08
B. A . BA
Piwouane a soufflé ses 5 bougies et je crois que ça y est, on peut dire qu'elle est bien lancée sur le chemin de la lecture.
Cela m'ébahit sans m'étonner réellement.
A l'école, dans sa classe de moyenne section, et d'après les traces écrites que nous compulsons chaque mois, je ne dirais pas que les élèves sont poussés à fond aux apprentissages. Ce qui ne me pose pas de problème. Qu'elle vive sa vie de petite fille, gambade dans la cour avec ses camarades, fasse de la peinture, des expériences scientifiques, du bricolage, qu'elle chante...
Depuis qu'elle est toute petite, nous lui lisons beaucoup de livres. De tout, des documentaires, des histoires, des comptines... Nous chantons souvent. Elle a parlé très tôt et beaucoup, de façon assez structurée. Quand elle avait trois ans et demi, elle adorait "faire les voix" des personnages dans les dialogues au cours de nos lectures.
J'ai essayé de ne pas lui imposer de pression quand à la réussite scolaire. Mais en tant qu'aînée, elle suinte tout de même un certain perfectionnisme.
Elle a appris l'alphabet à l'école.
Elle a commencé à avoir envie d'écrire. De recopier des mots que je lui traçais, pour écrire une carte d'anniversaire, un prénom sur une invitation, un mot d'amour...
Puis a eu envie d'écrire seule. Est entrée dans le code. Elle me demandait comment coder tel ou tel son. Très rapidement, elle a compris les bases de la syllabique, mais uniquement par le biais de l'écriture. Etre lue, c'est ça qui l'intéresse.
Elle a un tableau noir sur lequel elle dessine et écrit beaucoup. Et puis aussi des lettres magnétiques qui permettent de former des mots.
J'ai du lutter contre mes velléités de formaliser tout ça. J'avais bien dans mon stock un ou deux bouquins de Cp d'entrée dans la lecture. Mais ça ne l'intéressait pas de "travailler" comme ça. Elle trouvait ça fastidieux. Et il y avait un ordre dans les pages qui ne lui convenait pas : le son "a" elle le connaissait déjà, et puis le son "ouille" était trop dur. Et elle n'aime pas peiner, buter sur un exercice.
Je me suis interrogée : fallait-il insister, sur le goût de l'effort, le rôle de l'erreur? Et puis non, comme c'est ma fille et pas mon élève, j'ai brimé en moi les élans du professeur au doigt levé, et j'ai lâché la bride.
Alors elle vient de temps en temps m'interroger sur un son.
Je lui ai mis à disposition un livre sur l'alphabet avec toutes les correspondances entre les différentes graphies (capitales, minuscules, cursives). Je crois qu'elle maîtrise capitales et minuscules et qu'elle commence à bien déchiffrer la cursive. Là, il doit y avoir du travail de l'école tout de même, car je vois dans ses écrits qu'elle essaie de mélanger capitales et cursives, c'est marrant.
Le soir, depuis longtemps, elle lit sous la couette. Parfois je passe dans le couloir et je l'entends chuchoter pour déchiffrer. C'ela sonne joliment, à mes oreilles, ce petit récital monocorde.
Je suis émue de voir toutes ces connexions se créer... De voir se monter le système de la lecture. J'ai un peu l'impression d'être une spectatrice privilégiée au coeur du processus. Eh bien ça m'apprend plus de choses sur mon métier d'instit en suspens que les cours de l'IUFM...
Mais désormais je dois faire attention à mes lectures, parce qu'elle lit tout ce qui lui passe sous l'oeil. Alors entendre une petite fille me demander depuis les toilettes : " ça veut dire quoi l'accro du shoppingue?" passe encore; mais lorsqu'elle commence à déchiffrer les titres en couverture de Bib*a , je me précipite! (" se réconcilier au lit" ça veut dire quoi, Maman? )
4.6.08
houla hop
Parce que la poésie de la jolie princesse S de Nicolène sur sa boule rouge dévaste et déblaie bien des plages de mauvaise humeur, j'ai l'honneur de partager avec vous un grand moment de cirque clownesque. A mon avis tous les artistes ne seront pas forcément d'accord avec une telle publicité, mais c'est la rançon de la gloire...
Je sais que je ne bloggue pas beaucoup, j'ai le clavier un peu paresseux ces temps-ci : attaque de dragées (baptême de Pitère dans un horizon très proche) et de dents de sagessse (vue la douleur, faut croire que je ne suis pas très sage...)...
6.5.08
5 ans déjà
En fouillant dans mes vieux cahiers, j'ai retrouvé cette amorce de récit...
Dimanche 24 août 2003
Ce n'est qu'aujourd'hui que je commence à écrire, aujourd'hui et presque quatre mois déjà après ton entrée dans nos vies, ou plutôt dans le monde. L'idée de faire le journal de ta naissance mûrissait déjà depuis quelques semaines... Mais avant que les mots puissent émerger, que les sentiments puissent trouver une expression, il a fallu que les jours pasent. Que les événements fulgurants et la passion qui nous ont submergés, enfin deviennent plus rationnels, et que je puisse les appréhender. Un peu de souffle pour que les émotions s'apaisent, et de bouleversantes, deviennent délicieusement familières. Le temps d'apprendre à nous connaître... Quatre mois déjà, et ta naissance, c'était pourtant hier, ou toujours.
Lundi 25 août 2003
Tu es née le 2 mai 2003, à 22h25. Ton papa et moi t'attendions , car ta naissance était prévue pour le 8 mai. Ce jour-là, un vendredi, F. ne travaillait pas : il faisait le pont du 1er mai. Nous avions rendez-vous le amtin à l'hôpital pour une visite de contrôle. La sage-femme qui nous avait reçus avait écouté ton coeur, contrôlé les contractions par un monitoring... Elle savait que ton arrivée était imminente, vu l'ouverture du col, mais ne pouvait être plus précise. La semaine précédente d'ailleurs, une autre sage-femme nous avait fait le même diagnostic : celui qui met en alerte, qui ouvre une voie au suspense, mais ne révèle rien! Elle nous a conseillé de ne pas tarder lorsque les contractions de travail commenceraient...
De retour à la maison, j'ai ressenti les premières douleurs, brèves. Nous sommes allés manger un sandwich, faire quelques courses... je me souviens qu'il faisait très beau, que ton père devait récupérer un pantalon en retouches, et que je voulais aller au cinéma voir "X-Men 2", mais que la file d'attente m'avait rebutée... Les contractions étaient rythmées, toutes les dix minutes environ, mais je ne disais pas grand-mot car je n'osais y croire. Nous avons loué un film, "Quelqu'un de bien", avec Patrick Timsit et Richard Berry. Une histoire de greffes et de fraternité, que j'ai regardée en tricotant, pelotonnée dans un fauteuil.
Puis les contractions se sont rapprochées et ton père m'a fait couler un bain chaud. Je m'y suis allongée une heure, pendant qu'il me tenait la main pour m'aider à faire passer les contractions.
Il a ensuite insisté pour que nous partions à la maternité, moi j'étais dans un état second, tout en sachant que le travail était avancé, je voulais me persuader que ce n'était qu'une fausse alerte...
Il n'y avait que 20 minutes de route et nous connaissions bien le chemin.
Un léger flottement à l'entrée des urgences, nous ne savions pas où garer la voiture...
Nous sommes arrivés vers 20h30 à la maternité. Une sage-femme nous a accueillis et après examen nous a immédiatement fait passer en salle d'accouchement. Ton papa est resté dans le couloir quelques minutes, le temps d'installer perfusion et autres capteurs, puis il m'a rejoint et nous sommes restés seuls...
Je poursuis le récit avec mon regard de quelques années... Un peu plus éclairé...
La sage-femme de garde, petite, jeune, sèche, me demande si je veux la péridurale. Je lui dis que je préfère m'en passer. Ce qui tombe bien de toute façon, c'est un peu tard, à 8 cm de dilatation... Je lui demande pour combien de temps il y en a encore. Elle me dit qu'elle n'en sait rien. La cruche. Je vous passe les détails idiots et désagréables du rasage et de la sonde urinaire. Nous sommes donc restés seuls. Je suis mal, semi-allongée, avec ce monito. Je n'ose pas bouger pour aider les contractions à passer. Mon homme a l'oeil rivé sur le monito, il se laisse broyer la main et m'écoute crier, je le sens désemparé. Lorsque la sage-femme revient, elle m'examine, elle me dit que la dilatation est complète, qu'il faut pousser. Je n'y crois pas vraiment, n'ayant aucune sensation de poussée. J'essaie la poussée sur l'expiration, apprise avec ma sage-femme hapto, mais cela ne plait pas vraiment à celle de l'hopital, qui m'incite à utiliser la poussée sur l'inspiration bloquée. Elle me dit que le bébé est encore trop haut. Au lieu de m'inciter à me lever pour l'aider à faire son chemin, elle m'appuie sur le ventre. Je la repousse en lui criant qu'elle me fait mal. Elle se moque de moi.
Au bout de 20 minutes de poussée, elle me dit qu'il faut faire une épisio; je refuse. Elle insiste, en me disant que c'est trop long pour le bébé. (sic!!!) Une interne sortie des limbes arrive et coupe sans attendre une contraction, merci...
Mais je pousse, un peu désespérée, tout en criant que je ne vais pas y arriver, que j'ai peur... Si seulement on m'avait un peu réconfortée ou soutenue, la peur aurait disparu, et le bébé serait arrivé plus vite...
Mais le voilà, ou plutôt la voilà, te voilà... Toute joufflue et un peu rouge, les yeux clos... Vite on t'essuie, déjà on te prend à moi pour te peser, te sonder, te mettre dans l'eau... Quel dommage...
Passons sur la délivrance du placenta et les points de l'épisio...
Et puis on me dit qu'il faut te réchauffer, et hop te voilà sous une lampe chauffante, à côté de moi, dans un berceau, petit animal étranger aux mains de la civilisation médicale... Quelques instants seuls...
Une auxiliaire entre, je lui demande si je peux te mettre au sein. Tu tètes bien. Nous voilà enfin l'une contre l'autre...
Quel dommage d'avoir si mal défendu nos souhaits de naissance, ou plutôt quel dommage d'en avoir su si peu à l'époque...
Pour lire des récits de naissances beaucoup plus respectées : celui de Pitoue, et celui de Pitère...
Je ne raconterai pas non plus les galères de ces jours à la mater, où on me faisait croire que tu ne tétais pas bien, que tu perdais trop de poids (sottises!!!), que je devais te peser avant et après les tétées, te donner des compléments, tirer mon lait... où on te faisait des prises de sang en me disant qu'on allait te porter en néo-nat car on craignait une infection...
Ces premiers jours ont été bien perturbés, mais nous avons tenu le choc, et de retour à la maison, nous nous sommes apprivoisés, tous les trois...
Ah là là, ça me donnerait presque envie d'un quatrième. Je dois être dingue.
4.5.08
5 ans !
1 gâteau à 3 étages
2 barquettes de fraises
3 paquets de bonbons à picorer
4 pinceaux pour maquiller
5 bougies à souffler
6 canards à pêcher
7 grenouilles à transformer en princes
8 * 3 ballons à gonfler
9 flacons pour buller
et 10 petits enfants à amuser...
Pour fêter ses 5 ans, Piwouane avait distribué des invitations à 5 petits camarades de classe, à sa grande copine Princesse A. de la SAV, et à son chevalier des bobines de Rififi. Ajoutant ses petites soeurs et le bon ami de Pitoue, nous comptions donc une dizaine de lutins et lutines et le temps ne s'annonçait pas clément...
Le père ne s'en trouvait pas tant marri, car cela lui fournissait une bonne excuse pour ne pas tondre notre mètre carré de pelouse. Je le condamnai pourtant, malgré son ardent désespoir, à débarrasser l'allée des branchages qui l'encombraient, parce que le parcours du combattant version nature, why not, mais pas en robe de princesse, tout de même.
De mon côté, je m'évertuais à :
- coudre plusieurs mètres de guirlande en chutes de tissu
- confectionner des gâteaux et les découper en cercles concentriques
- gonfler des ballons plus vite que Pitère ne les croque et les fasse exploser
- élaborer des épreuves pour un jeu de l'oie
- piquer des bonbons sur des brochettes
Le jour tant attendu et guetté sur le calendrier familial depuis des semaines déjà arrive, et nous hésitons : accrocher la déco dehors, dedans, dehors, dedans??? Une averse de grêle fait pencher la balance pour l'intérieur! Les fillettes sautillent d'excitation depuis 8 heures du matin. Nous entassons dans des caisses le matériel de survie : jeux, trousse à pharmacie, flacons pour faire des bulles, trousse de maquillage...
Après un simulacre de sieste, Piwouane et Pitoue sautent dans leurs déguisements de princesses, je les pare d'un maquillage "de beaux yeux" pour l'une, et de chien pour l'autre, bah oui, les princesses-chien, ça a le droit d'exister aussi, pas de sectarisme!
Les premiers enfants sonnent à la porte, il fait beau d'un seul coup, nous entamons l'après-midi avec des bulles dans le jardin, tandis que certains se font maquiller.
Une fois tout le monde prêt, nous entamons un jeu de l'oie, avec de petites épreuves pour pouvoir relancer le dé : chanter "Une souris verte" le nez bouché, faire une terrible grimace, faire un tour en ballon sauteur ou en cheval gonflable, faire un puzzle en groupe, lancer des bouchons, ou faire rouler des balles sous des arceaux... A la clé de ce parcours, des brochettes de bonbons planquées dans le tambour de la machine à laver!
C'est l'heure du goûter, sur le sol, genre pique-nique : un faux fraisier à base de gâteau au yaourt, chantilly et fraises, et un fondant au chocolat, jus de pommes et glaçons en forme de poissons avec des petits bonbons nounours emprisonnés dedans. Piwouane ouvre ses cadeaux et est couverte de jolis accessoires de princesse!
Nous redescendons dans le jardin, pleins d'entrain et le soleil revenu, les enfants s'ébattent joyeusement, pêchent à la ligne des cadeaux étranges (oeufs de dinosaures et grenouilles se transformant en princes quand on les plonge dans l'eau...), et pêchent des canards.
C'est déjà l'heure des départs... Un grand merci à Rififi et son homme d'avoir assuré avec nous l'animation et le reportage photo!
Voilà, Piwouane est une grande fille de 5 ans!
Qui a tiré la queue du chat?

Où Piwouane fait une étude anatomique comparée de différents vertébrés.
" Dis Maman, le squelette d'un chat, c'est fait pareil que nous?"
Me méfiant un peu de la question... " Comment cela pareil que nous, qu'est-ce que tu veux dire?"
" C'est fabriqué avec des os?"
"Oui, tout à fait."
" Mais sauf que la queue du chat aussi c'est plusieurs os."
"Uh uh..." (Pitère est en train de jouer les équilibristes dans la douche)
" Et les os de la queue du chat, ils sont debout ou couchés?"
"Hein? Euh? ça dépend de la position de la queue???"
" Mais non Maman, je crois qu'ils sont couchés, les os... Mais quand le chat il a des rayures sur la queue, eh bien ses os ils sont debout! "
22.4.08
Fourmis préhistoriques
Toujours en pleine réflexion archéologique, Piwouane, sur le chemin de la boulangerie, m'expose sa théorie bien personnelle de l'évolution :
" Alors tu vois il y avait des animaux dans l'eau et après des animaux sur la terre. Et puis il y avait des grands singes qui se sont transformés en hommes préhistoriques. Après les hommes préhistoriques ils ont fait un long long voyage et puis ils sont arrivés sur la terre; ils tuaient des animaux pour les manger, mais c'est parce qu'ils savaient pas. Après ils étaient plus préhistoriques alors ils ne les tuaient plus. Et puis il y a eu un papa et une maman et voilà."
Pendant ce temps, Pitoue saute dans les flaques d'eau.
De retour de la boulangerie, la bouche mâchonnant un ourson en guimauve, Piwouane poursuit :
" Si on ne passe pas l'aspirateur, eh bien il ya des fourmis qui viennent récolter les miettes. Moi j'aimerais bien voir une fourmilière. Mais alors comment elle est arrivée sur terre la première fourmi? Est-ce qu'il y avait des fourmis préhistoriques avant les fourmis? "
Pendant ce temps, Pitoue dépiautait son morceau de pain pour nourrir les oiseaux.
21.4.08
Macarons, shampoing et canapé en cuir.
Parmi mes résolutions de l'année 2008, il y avait l'intention de faire des activités en binôme avec chacune de mes filles, contre cette habitude installée de nous déplacer uniquement en cohorte. C'est pourquoi j'ai profité des vacances scolaires pour embarquer mon aînée et ses bientôt 5 ans dont elle nous rabat les oreilles, afin de faire des trucs de grandes!
Nous avons commencé jeudi dernier par aller ensemble chez le coiffeur. Ambiance détente du cuir chevelu, coupe de printemps, fierté de la maman d'avoir une jolie fille à son bras, fierté de la jolie fille d'avoir sa maman en exclusivité intégrale!
C'était drôle de voir ma demoiselle juchée sur un réhausseur plus une pile de serviettes, la tête renversée dans le bac à shampooing; puis sérieuse et droite jusqu'à la raideur dans son peignoir blanc, une serviette en guise de turban, comme une minuscule dame trottinant dans le salon sur les pas de la coiffeuse.
Pendant la coupe, elle s'est montrée aussi loquace que sa mère :
Piwouane :" La dame m'a demandé mon prénom, j'ai dit mon prénom, elle m'a demandé mon âge, j'ai dit mon âge."
Moi : "Eh bien moi, la dame m'a demandé si j'étais en vacances et j'ai dit oui."
Nous sommes ressorties heureuses, brushées à mort, avec des coupes dignes du Thabor, le jardin du Luxembourg rennais... Heureusement le lendemain, le brushing était retombé, mes cheveux raides comme des baguettes, et l'épi de Piwouane à nouveau frétillant.
Samedi après-midi, toujours à l'heure du crime, je veux dire de la sieste, Piwouane et moi-même sommes parties faire une virée lèche-vitrines de petite fille. Programme : rêvasser dans un magasin de joues, puis siroter un jus d'abricot. Il y a deux mois nous avions fait la version bas de gamme : tripoter tous les jouets d'une grande enseigne, puis goûter dans une croissanterie de centre commercial. Nous étions alors heureuses d'être ensemble, mais franchement un peu migraineuses... Du coup là, c'était option prestige! Rêverie dans un joli magasin de jouets et une librairie jeunesse du centre-ville, puis goûter dans un salon de thé délicieux avec des macarons à la framboise et à la pistache. Les macarons étaient meilleurs qu'à la Brioche Dorée, et les canapés en cuir blanc plus effrayants que le skaï précédent, mais ce qu'a surtout noté Piwouane, c'est que cette fois, même la plus petite soeur n'était pas là! Bref, nous avons apprécié la version luxueuse de cette petite sortie entre grandes...



